Marque E, marquage CE : deux choses différentes

C'est la confusion la plus répandue du sujet, et elle circule aussi bien chez les vendeurs que chez les acheteurs. Deux sigles se ressemblent, ne recouvrent pas la même chose, et un seul concerne la circulation.

Ce que le marquage CE atteste

Le CE est une déclaration du fabricant : le produit respecte les exigences générales qui lui sont applicables, sécurité électrique et compatibilité électromagnétique en tête. Il s'applique à des milliers de familles de produits, du jouet au chargeur de téléphone. Il ne comporte aucune vérification du faisceau lumineux, ni de la portée, ni de l'éblouissement. Un dispositif d'éclairage automobile porteur du seul marquage CE n'a donc jamais été évalué pour la route.

Ce qu'est la marque E

L'homologation routière relève de règlements internationaux appliqués en Europe, et se matérialise par une lettre E inscrite dans un cercle, suivie d'un numéro qui identifie le pays ayant délivré l'homologation. À côté figure un code de catégorie, différent selon qu'il s'agit d'une lampe à incandescence, d'une source à décharge ou d'un module à diodes. C'est cette marque, gravée ou imprimée sur la pièce, qu'un contrôleur regarde. Sa présence n'est pas décorative : elle signifie que l'échantillon a passé des essais photométriques mesurés.

Le point que la plupart des annonces omettent

L'homologation porte sur un ensemble, pas sur une pièce isolée. Un projecteur est homologué avec le type de source pour lequel il a été conçu, parce que la forme du réflecteur, la position exacte du point lumineux et la coupure du faisceau ont été calculées ensemble. Remplacer la source par une autre technologie déplace ce point lumineux de quelques millimètres, ce qui suffit à modifier la coupure et à envoyer de la lumière là où elle ne devrait pas aller. Une source parfaitement fabriquée ne rend donc pas l'optique conforme, comme le rappellent déjà nos conseils de montage : la qualité et la conformité sont deux questions séparées.

Les exceptions existent et sont nommées

Certains pays ont autorisé des sources à diodes de remplacement pour des combinaisons précises de projecteur et de véhicule, listées une par une par l'autorité qui délivre l'agrément. Ces autorisations ne sont ni générales ni transposables : elles nomment un modèle de lampe et un modèle de voiture. En dehors de ces listes, l'éclairage à diodes reste prévu pour être installé d'origine dans une optique conçue pour lui.

Où le sujet ne se pose pas

Toutes les positions ne relèvent pas du même régime. L'éclairage intérieur d'un habitacle, le coffre ou la boîte à gants ne sont pas des dispositifs de signalisation et échappent à ces exigences. À l'inverse, tout ce qui éclaire vers l'extérieur ou signale le véhicule aux autres usagers y est soumis, y compris ce que l'on croit accessoire. C'est aussi le cas des sources à décharge, dont l'installation dans une optique prévue pour autre chose pose exactement la même question.

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